Dong a trente ans, mais vit comme s’il en avait vingt. Sans emploi, le personnage principal du documentaire Comme un cheval fou compte, sans grand enthousiasme, se lancer dans le commerce de jade. Le réalisateur chinois Tao Gu a choisi de suivre les pas de son ami Dong. Couvé par sa mère, ce trentenaire vit tranquillement son idylle avec sa petite amie et va où le vent l’emporte. S’il semble heureux à première vue, Dong pleure encore l’avortement de ses deux bébés et peine à s’engager dans quoi que ce soit. « Je veux fuir », avoue-t-il. Comme son frère le dit si bien, il est comme la brume : c’est beau, mais on peut s’y perdre.

Le captivant Comme un cheval fou traite avec subtilité de l’errance existentielle d’un marginal un peu perdu qui trouve peu à peu sa voie. Les nombreux plans à bord de trains rappellent son voyage initiatique, de l’insouciance juvénile à la maturité.

Le quotidien de Dong est montré sans artifice. Le personnage devient proche des spectateurs, comme il l’est du réalisateur. Parce qu’« on ne peut pas vivre que pour soi », Dong se dévoile et bouscule sa propre philosophie de vie. Un documentaire qui nous interroge sur nos propres existences et les différents chemins à emprunter.

Photo issue du film Comme un cheval fou