Cette année, l’atelier Produire au Sud s’enrichit avec le programme « Universitaire en résidence ». L’idée : confronter les champs universitaires et scientifiques à ceux des professionnels de la cinématographie, autour de la coproduction. Rencontre avec la chercheuse Ana Viñuela, spécialisée dans ce domaine et invitée de cette première édition.

« C’est dans la recherche que je suis la plus heureuse », confie Ana Viñuela, le sourire aux lèvres. Et si la chercheuse s’intéresse tout particulièrement aux coproductions nées dans le cadre du dispositif « Aides au cinéma du monde », ce n’est pas un hasard. Longtemps, elle s’est interrogée sur les films qui l’avaient marquée et sur les cadres politiques permettant la coproduction internationale. « Je passais énormément de temps à regarder ce type de film et c’est tout naturellement que j’ai décidé d’en faire un objet de recherche. »

Le F3C est apparu comme un lieu pionnier dans l’ouverture de la France au cinéma du monde.

Lorsqu’elle prend connaissance du programme « Universitaire en résidence » de l’atelier Produire au Sud, elle n’a alors jamais mis les pieds au Festival. Pourtant, le travail des frères Jalladeau, codirecteurs du Festival de 1979 à 2009, ne lui est pas inconnu. « Ils dénichaient des cinématographies dont on n’entendait pas parler à l’époque » et dans ce sens, « le F3C est apparu dans mes recherches comme un lieu vraiment pionnier dans l’ouverture de la France au cinéma du monde ».

Produire au Sud m’a réellement permis d’apprécier encore mieux les différences de cette globalisation pas si parfaite.

Pour nourrir ses recherches, tout bon chercheur en socio-économie qui se respecte doit aller sur le terrain. Les études, les ouvrages, les chiffres et les entretiens avec les responsables institutionnels ne suffisent pas. Selon Ana Viñuela, « être ici, c’est préciser beaucoup de notions qu’on ne peut pas formuler juste uniquement à partir de ces éléments ». Et après avoir rencontré les différents binômes réalisateurs/producteurs de l’atelier, dont elle admire au passage « la conviction et la détermination », la chercheuse est catégorique : « Il existe encore de nombreuses zones d’ombre dans l’industrie du cinéma, notamment parce que les pays ne sont pas tous régis de la même manière. Produire au Sud m’a réellement permis d’apprécier encore mieux les différences de cette globalisation pas si parfaite. Cet atelier est en tout cas un véritable accélérateur de projet et plus largement, une très belle initiative. »

Photo prise par Lisa Darrault